Caimans 72 - Dockers : La Génèse

mercredi 26 février 2014
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Il y eut d’abord les Panthères Jaunes de Nantes, la première équipe de football américain, née en province. A l’époque, l’équipe fit même la une, toutes éditions, de Ouest-France. Rapidement, ces félins - nés sur le campus universitaire nantais - se sont mués en Drakkars. Fameux et terribles Drakkars. Ils étaient beaux et fiers, ces guerriers venus de l’Ouest de la France. En rouge et noir, couleurs actuelles des Dockers.
 
Et puis, il y eut quelques temps après les Caïmans 72 du Mans. Drôles de nom pour des footballeurs casqués et carapaçonnés à la mode US, enfantés un soir, dans une boîte de la rue des Ponts-Neufs. 
 
Les premiers entraînements sont plutôt folkloriques. Tout commence sans carapaces, ni casques : « les gars, ce ballon vous le voyez, dira Gérard Coquillard, le créateur de l’équipe. Et bien ici, il y en aura qui ne le verront pas une seule fois du match ! » « Il est fou, Gégé. Il dit n’importe quoi ! » Petit à petit, on apprend les règles. Les nouvelles recrues affluent. 30 sauriens en tout. On apprend des tactiques, parfois… fumeuses. On lance les premiers ballons. Premières réceptions, premiers blocks. Au bout de quelques semaines, les premiers casques et carapaces font enfin leur apparition. 
 
Un soir, dans les Bois de Changé, une voiture frappée du 44 s’annonce : des Drakkars débarquent. Pour aider. Quelques conseils. « Non, là, tu ne tiens pas bien ton ballon. » « Plus bas sur tes appuis quand tu cours ». Ils en savent des choses, Philippe Pétard et ses potes ! 
 
Les semaines passent, les mois. Arrive l’envie de se frotter à la concurrence. Et un jour de novembre 1985, Gégé annonce à l’armada : « les gars, les Drakkars acceptent de venir jouer au Mans. » C’est l’émeute ! Creusons les tranchées, amenons les sacs de sable, mettons nos casques ! « Calmez-vous. On a encore un peu de temps. Ils viendront en début d’année prochaine. En janvier. » 
 
L’hiver est rude. A quelques jours du match, il neige. Puis le temps s’est radouci. Le samedi, veille du match, quelques flocons. Et le matin, Le Mans se réveille sous une épaisse couche de neige. La légende dit 20 cm. En réalité, on n’en est pas loin. Les rares photos en attestent. A cette époque, pas de portable, pas de sms, pas de réseaux sociaux. Difficile de se contacter. A midi, au terrain du Verger recouvert par une épaisse couche de neige, les premières voitures mancelles arrivent. Jouera ? Jouera pas ? Personne ne sait. Les flocons tombent dru. On a du mal à voir les poteaux de rugby de chaque côté du terrain quand on est au milieu de celui-ci. D’ailleurs, où est le milieu ?
 
Sur les radios nationales, les infos sur la météo appellent à la prudence. Dans la matinée, « Gégé » a eu les Drakkars. Il est confiant. « Ils ont décidé de venir. Ils sont partis à 10 heures. » Midi passe. Une heure s’affiche. Toujours pas de Drakkars. L’attente est longue. Surtout qu’il fait froid. Très froid. Les visages sont gris. Comme le temps. Balayés par la neige qui ne cessent de tomber. Un journaliste de la presse locale est présent pour cette première, prêt à repartir. Celui de l’autre canard du coin a déjà levé le camp depuis belle lurette. Et puis à 13h30, un convoi, phares allumés, fend le chemin qui arrive au parking du Verger. « Ils sont là ! ». Délivrance. Les cœurs qui battent plus vite. Le premier match de l’histoire des Caïmans aura bien lieu. Poignées de main. Regards croisés. « On joue dans une heure ? » « OK ».
 
A cette époque, aucun vestiaire. Les joueurs se changent dehors. A la Spartiate. Dans leur voiture. A même la neige. Échauffements sur le terrain, ça caille grave. On se croirait à Lambeau Field. Lambeau quoi ?
 
Pas moyen de voir les lignes tracées. Tout est blanc. On s’étire. On s’envoie des balles. Coup de sifflet. Appel des capitaines. La neige tombe encore plus fort. Kick-off. Les premières actions du match. Les doigts sont gelés. Les membres gourds. De la fumée sort de la mêlée. Le match est finalement raccourci tellement les corps sont progressivement anesthésiés par le froid.
 

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Au final, les Drakkars s’imposent 18-0. Accolades. Un brin de fierté dans le regard des Caïmans. Ça y est ! L’histoire est en marche. Sous la neige, la horde des Drakkars repart.
 
Pour ce premier match, les Caïmans font même la une des journaux locaux. « Mais qui sont ces gars-là ? »
 
Cinq mois plus tard, les Drakkars reviendront au Mans. Au mois de juin, à l’île aux sports devant plus de 1 500 personnes, les Nantais battront encore une fois les Manceaux. Sous un soleil éclatant.
 
28 ans après, les descendants de ces valeureux guerriers , Manceaux comme Nantais, se retrouveront dans un autre lieu, une autre enceinte. Beaucoup plus grandiose certes, mais pour vivre la même passion, entrer à nouveau dans l’histoire du club. Comme beaucoup d’autres anciens qui ont participé à ce premier match à l’Epau, je serai en tribunes. Le cœur serré.
 
Encore merci à Claude Hamet pour l’archive photo.

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U19

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Défaite Samedi après-midi 00-14 face aux Pionniers (Tours).
Prochain match dimanche 22 janvier au Mans face aux Dockers de Nantes.

U16

dimanche 15 janvier

Victoire samedi après-midi face aux Pionniers de Tours (20-08).
Prochain match de Samedi 28 Janvier à Tours le 28/01 (Plateau)